Posts Tagged ‘Souffle’
ENTER THE VOID & EXIT IT
Sunday, May 23rd, 2010
NOIR
NUIT
NOUS
le feu
les flashs
la folie
the last trip on earth
the last strip : rebirth
la chaleur du bonheur bandant moite humide liquide qui doigte l’amour qui transpire des pores du pire des sens qui se lance aux alentours la vie qui gicle qui se répand s’orgasme se déprend jaillit en joie en joui
OUI
OUÏ
OU I
ni magie ne
in a dream a
STREAM
AS A
SCREAM
of pleasure
A
B
Corps qui
-hésitent-
se jettent
se fêtent
en miettes
en sueurs
en douceurs
en langueur
désirs qui débordent qui caressent qui en liesse s’emportent s’embardent en perte ils partent à l’aventure des vents durs des violents des allures des blessures des traces qui s’augurent dégueulasses et impures mais en grâce en luminures en ouvertures en
EUPHORIES
EXPHORIES
SEXPHORIES
EXPLOSIONS
là
ailleurs
des peaux
des corps
qui
se
touchent
again
please
touch me
please
again
VIDE
VIES
souffles du rien trouant tout la terre et vous les bouts les faire si fort ce rien du vain mais du certain du clin démort ou démonde débords de nous les amants n’errant qu’en plis qu’en filous qui filent l’apocalypse des fins d’éclipses sans destins qui jouissent mais en maints
précipices
qui pissent
en pièces
leur
DESASTRE
leur
ORGASME
leur
leurre
leur
l’heure
du
leurre
du
CRI
MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMM
M !
!!!
Spirituelle, la Psychanalyse ?
Sunday, June 22nd, 2008Transcription des interventions (notes personnelles et inexhaustives) : les citations exactes sont entre guillemets (petits pour les auteurs mentionnés dans les exposés; grands pour les intervenants) et mes remarques sont entre crochets.
Avant-propos :
- Rebonds à propos du livre de Jean Allouch :
La psychanalyse est-elle un exercice spirituel ? : Réponse à Michel Foucault
- Il s’agit ici de remettre en question les paradigmes ‘Per-Ne-Psy’ et ‘Nom du Père’.
- Jean Allouch se situe en une «position foucaldienne», notamment à l’aune des énoncés des années 1973 à 79. Mais aussi à l’épreuve des ‘Sex and Gender studies’ (néo-foucaldiens).
- Dans une deuxième phase, Jean Allouch prend appui sur Foucault pour repositionner la psychanalyse dans la spiritualité (avec le Foucault de 82, notamment) et la «technique de soi» comme mise en forme du souci de soi.
Jean-Luc Nancy : Spirituelle, la psychanalyse ?
- D’abord, comment situer la notion de spiritualité dans la tradition philosophique de la réduction, celle qui rompt avec Sartre, et qui, avec la métaphysique nietzschéo-heideggerienne procède au retournement de la question de l’être ?
- Cette philosophie, si on y ajoute les apports du structuralisme et l’intérêt pour les mystiques, a influencé les pensées de Foucault, Derrida, Deleuze, Lacan, etc.
- Chez Hegel, l’Esprit (‘Geist’) a une grande importance, mais il ne pose pas la question du ‘soi’, au contraire de Derrida (par sa déconstruction) ou de Foucault.
- En ce qui concerne Foucault, la problématique dans laquelle s’inscrit la notion de spiritualité est celle de la «diffraction du pouvoir» comprenant les interactions et les «ne… que…».
- Comment définir, conceptuellement, le spirituel ?
- «Le spirituel, c’est le rapport à l’incommensurable», tout étant dans le ‘rapport’.
- Il est probable que le rapport sexuel soit lui-même spirituel…
- Le spirituel est donc «rapport au point», à ce qui est sans dimension.
- Ce rapport est un souffle [cf. étymologie : ‘Pneuma’ et ‘Ruah’], ce qui l’oppose à l’étendue (psyché : âme comme forme de corps).
- L’esprit est «hétéronome», c’est un «dehors» ‘où rien ne recouvre rien’ (E. Levinas).
- Bataille aurait dit ‘hétérologie’, ce qui oppose l’esprit à l’homologie.
- Comme dehors, il est un «imprédicable absolu».
- Cela pose la question de Dieu, le ‘rapport’ étant primordial dans la chrétienté (cf. la Trinité).
- C’est un rapport à un évanouissement, à un «point de brillance».
- Ce qui pose le plus problème est la notion d’exercice spirituel : ce que nous avons dit du spirituel s’oppose complètement à la notion d’exercice, si on entend «méditation» et «détachement» dans le terme ‘exercice’ (cf. ‘exercice d’Ignace’).
- L’exercice, c’est aussi «fonder une armée» (basé sur le latin ‘exercitus’ : armée en ordre de bataille).
- Dans ces conditions, peut-il y avoir un «projet spirituel» ?
- Le «rapport à l’incommensurable» concerne «l’ex-», c’est une «ouverture à/vers l’incommensurable».
- S’exercer est un ‘moyen’ pour trouver le «salut», pour se retrouver «sauf», «indemne».
- Ce moyen oppose deux tendances, celle de la sagesse, dans laquelle on peut placer l’Epistémè foucaldienne, et celle du savoir philosophique (platonicien) qui privilégie l’Eros…
- Le «salut» est une préoccupation chrétienne héritée du judaïsme et de Platon, mais ce salut ne sauve pas (d’un danger) puisque la ‘catastrophe’ est déjà faite, l’homme étant de toute façon pécheur : ce salut a l’allure d’une «salvation» (cf. Derrida).
- Il faut donc opposer l’exercice comme moyen de ‘pardonner’ (‘salut’ chrétien, ‘salvation’) à l’exercice comme moyen de sauver (se retrouver ‘sauf’ ou ‘indemne’).
- Pardonner, c’est faire en sorte que, dans sa perte, l’homme soit «ré-ouvert, rapporté à l’incommensurable» : est-ce un ‘exercice spirituel’ ?
- Dans la chrétienté, Dieu est esprit. Mais, contrairement à la spiritualité foucaldienne, le rapport à Dieu est un «rapport de l’ek-sistant à l’incommensurable» (‘être-le-là’ -Dasein- comme ouverture, être mis en jeu, cf. Heidegger) [savoir philosophique] et non pas un ‘rapport à soi’ [sagesse].
- L’ouverture à cet incommensurable, à ce point, est un ‘dehors’. Cela incite à penser ici le sujet comme simple «jet», débarrassé du ‘su’ substantiel (référence au ‘soi’).
- Le sujet est alors un «point nul» qui s’ouvre : ‘je’ irréfléchi, très loin du ‘soi’ (ce dernier étant un cas ‘régime’, processus infini et indéfini).
- L’enseignement principal de S. Freud est probablement celui qui concerne les pulsions (‘les pulsions sont nos mythes’) : c’est là qu’est la «force de l’esprit», force qui donne un «être-jeté-au-monde» (comme le dit Heidegger).
- Il y a quelque chose du ‘souci’ (‘sorge’ chez Heidegger) qui ouvre, mais c’est le «souci de l’être», pas le ‘souci de soi’ foucaldien. Pourquoi Foucault passe-t-il à côté du Christianisme ?
- Ici (contrairement à Foucault), il faut penser le soi comme question : «il y va de/il s’agit de l’être».
- Au sens heideggérien, il faut comprendre l’être comme «verbe transitif» : l’être «consiste à être en souci de son être», le deuxième ‘être’ de la phrase étant un verbe transitif.
- Le souci («non-repos, agitation, excitation, exposition, etc.») est déclenché par l’«il y va de mon être».
Réponse de Jean Allouch :
- Si on pense l’esprit comme un objet ou une figure, l’exercice spirituel est en effet impossible [malentendu avec Nancy qui ne pensait absolument pas le point comme figurable…]. Mais, si l’esprit est pensé «comme registre», alors cela devient possible.
- Nous pouvons penser la spiritualité en rapport aux sagesse antiques, mais Freud construit un autre exercice spirituel, avec les mêmes pièces (que les sagesses) : l’association libre !
- Le problème avec le point (si le spirituel est un ‘rapport au point’), c’est qu’il peut être coincé avec trois cordes : à partir de là, il y a «bouclage», c’est-à-dire finitude (aussi bien : «bouclage dans l’analyse»).
- Le problème du salut est qu’il n’a pas le degré de généralité du soi : le salut, c’est «faire en sorte de n’être pas enquiquiner par le symptôme» [vu comme ça, le salut -action de pardonner- se trouve dans l’association libre, donc l’exercice spirituel…]
Jean-Luc Nancy
- Le rapport à l’incommensurable, n’est-ce pas aussi l’‘ombilic des rêves’ ? Cela permet de penser le symptôme comme traversant le sujet, faisant de ce dernier un ‘jet’…
Jean Allouch
- Le symptôme apparaît au nom «d’un surinvestissement d’idéalité».
- L’ombilic des rêves est possible parce que le rêve est identifié comme rébus : cela signifie que si l’incommensurable est dans l’ombilic, alors il suppose déjà le rébus… Donc, non, l’incommensurable ne peut être dans l’ombilic («pas si tôt !») [l’esprit est en-deça : dans le rébus].
Remarques d’un intervenant
- Par association d’idée, le rapport à l’incommensurable, ce serait aussi renouer avec d’autres ombilics, ceux de la parole et du transfert : autant de ‘jets’…
- Par ailleurs, comment penser la «terminaison» de l’analyse et son infini, son côté incommensurable ? Puisqu’il reste toujours un «résidu inéliminable» qui puisse revenir en symptôme, il y a toujours une ouverture au cœur de la pulsion, un «écart l’habitant elle-même».
- Nous pouvons alors penser l’esprit comme rapport, mais aussi comme «renvoi».
Jean Allouch
- Le reste peut être résorbé à 100% comme perte : alors, où est l’incommensurable ?
[Ici, Allouch pense à la résorption, non à la résolution : si tout peut-être perdu, il restera toujours, malgré tout, de l’inéliminable qui puisse faire symptôme… Cela ne contredit pas obligatoirement l’intervenant ! Du point de vue de la perte, 100% est possible, du point de vue du reste, c’est impossible : différence de registres non explicitée, d’où un malentendu]
Question : …
Jean-Luc Nancy
- Chez Kant, l’incommensurable est à chercher dans le ‘Trieb’ de la Raison, cet inconditionné. L’exercice consiste à «discipliner», c’est-à-dire à se faire disciple d’un rationnel mais sans «rendre raison» !
- Le «bord extrême» de la raison n’est-il pas aussi celui séparant la philosophie de la poésie ?
- Dans l’association libre, «forme du n’importe quoi», il y a possibilité d’un exercice au-delà même de l’exercice spirituel…
- Pour revenir sur le point, la différence entre le ‘bouclage’ et l’ouverture peut s’illustrer par la différence entre «faire un enfant» (bouclage du faire) et «avoir un enfant» (ouverture).
Question : …
Jean Allouch - Concernant l’analyse, nous pourrions dire qu’elle «jette l’analyste» alors que «l’analysant est éjecté», c’est-à-dire jeté au monde !
Question : Comment sortir de l’innommable ? Qu’est-ce qu’une limite ?
Jean-Luc Nancy
- Quand on «touche à la limite», on est «dehors» !
- Si on touche au dehors, qu’est-ce qui se passe ? C’est la dimension symbolique qui est ici en jeu.
- Prenons le «manque de rien» comme définition du réel [définition donnée par Allouch] : la question de l’art sans symbolique est alors posée [sort-on de l’innommable par là ? Le S fait limite -bord en tout cas- : est-ce la porte de l’innommable ?]… Par exemple, lorsque le chant défait la prononciation…
- Enfin, n’oublions pas que la spiritualité est un «souffle» [cf. première remarque]
Question : Qu’est-ce que ‘faire un enfant’ pour un homme ?
Jean-Luc Nancy
- «Faire un enfant, c’est aller dans la femme»… «dans l’inexistence» !
Guy Le Gaufey : Penser sans réfléchir du tout
- Partons de la fameuse définition lacanienne : ‘un signifiant représente le sujet pour un autre signifiant’. Cela nous ramène au Lacan de la période avril 59-fin 61, période également marquée par l’introduction de l’objet a (au séminaire L’Identification).
- A partir de là, introduisons la réflexion par une «historiette» : la rencontre du sujet avec le manque de signifiant. L’enfant est pris dans les «défilés de la demande», ce qui l’engage avec l’Autre. L’Autre peut répondre («preuve d’amour»), ou non. Cette réponse de l’Autre a, en plus de sa valeur comme preuve d’amour, une «valeur de signification» : c’est ici qu’intervient la définition lacanienne (cf. ci-dessus). La valeur de signification est l’adresse de l’amour.
- Dans cette historiette, le sujet et l’Autre sont pris dans une «tragédie commune» : il y a «impossibilité de fournir le signifiant» de la demande. Pourquoi ?
- Parce que l’Autre, bien que ‘trésor des signifiants’, est aussi -dans notre historiette- sujet (‘sujet comme tel’ nous dit Lacan) : cela nécessite un nouveau rapport à l’Autre (qui peut être autre).
- Cela nous oblige à distinguer la «batterie des signifiants» [dimension symbolique] où il manque de rien et le ‘trésor des signifiants’ [Autre] où il manque un signifiant : c’est l’écriture du A barré. Le «sujet-larve» (enfant) bute sur le A barré, ce qui entraîne une «parade imaginaire» : l’ob-jet a.
- Prenons un autre angle : Maine de Biran explique, dans son Cogito de l’effort, que l’effort est un ‘fait primitif’ (nécessite deux termes distincts mais non séparés). L’effort est ‘un acte volontaire opposé à une résistance’ (la résistance et la volonté sont distincts mais non séparés). C’est le même principe pour le sujet et l’ob-jet a dans la formule lacanienne du fantasme [S<>a] car le poinçon est ce qui distingue sans séparer [c’est le phallus imaginaire].
- Autre exemple : la «fatigue du névrotique» face à l’Autre. Le névrotique nous dit : «Encore du signifiant ? Oh non !» : il est marqué (séquelle, trace) par la «significantité» (la ‘batterie des signifiants’) [nous pourrions écrire aussi ‘signifiquantité’].
- Bref, sujet, signifiant et objet sont «interrelationnés».
- Il faut que l’Autre «cesse d’être sujet», il faut le destituer de cette position, pour qu’il y ait ‘transfert’.
- Citation de la leçon du 15/11/1961 expliquant le rapport du sujet au signifiant : ‘je pense’ et ‘je mens’ sont «homéomorphes» (‘je’ est simultanément opinion et ‘être pensant’).
- Distinguons (avec Lacan) les trois niveaux : ‘je mens’; ‘je dis que je mens’ [schize signifiant/signifié] et, ‘je sais que je mens’ [même schize impliquant là la séparation du savoir et de la vérité].
- En réalité, «le sujet ne sait pas s’il ment» : la vérité, ‘il n’en sait rien !’ (Lacan). C’est là que Lacan peut introduire le ‘Sujet supposé savoir’ (la vérité).
- Ne pas supposer le sujet au savoir [mais supposer le savoir au sujet] fait du «savoir de l’Autre» le lieu où on «transfère» le savoir (l’Autre peut être un «dépotoir») [Lacan disait aussi : ‘l’Autre est le lieu de la parole d’où la vérité se marque’]. Il y a donc divorce du sujet et du savoir.
- Le ‘Sujet supposé savoir’ devient la condition pour ordonner le sujet au savoir. Lacan définit ainsi le sujet comme ‘coupure’, ‘scansion’, ‘intervalle’, ‘fading’, etc. et le savoir comme ‘concaténation ordonnée de signifiants’.
- Ici, le sujet est bel et bien «sans réflexivité» car il ne sait pas s’il ment : le rapport à la vérité n’est pas délibéré [c’est ça : ‘penser sans réfléchir du tout’ !]. C’est pour cela que Lacan pourra définir le sujet comme ‘pur parlant’, comme si on disait ‘pâté pur porc’ !
- La définition d’un sujet non-réflexif est reprise, autrement, dans la leçon du 07/02/1968, à partir de la logique d’Aristote et de celle de Pierce. Ainsi, le sujet est «uniquement» ‘représenté par un signifiant pour un autre signifiant’ : ‘ce sans quoi il n’y aurait ni signifiant ni objet partiel’ (Lacan).
- Le sujet est sans réflexion, ce qui l’oppose au soi réflexif de Foucault [conséquence : la spiritualité n’est pas la même].
- Passons à Leibniz : que fait Dieu «quand il dit ‘fiat lux’» ? Puisque «tout est là» pour Dieu, il n’ajoute rien aux sujets… La seule différence est la «puissance de mise en acte» du «rien» (devenant sujet).
- Chaque ‘monade’ [rien] a «un point de vue singulier» mais est «subjectivée par accomplissement du parcours» [‘fiat lux’ = rapport à l’Autre]. «Tout est dans l’élan, la puissance de mise-en-acte» [c’est-à-dire dans l’esprit comme souffle ou comme rapport à l’Autre ?].
- Il n’y a pas de fatalismes puisque Leibniz différencie les ‘vérités nécessaires’ (qui découlent géométriquement des définitions) et les ‘vérités contingentes’ (actualisation des possibles). Les ‘vérités nécessaires’ n’ont pas besoin de sujet (rien) alors que les ‘contingentes’ n’arrivent que par la mise en place du sujet, par l’élan [par l’esprit comme liberté de décision, par ex.].
- Il y a donc une «pure puissance» sans détermination et un sujet strictement individuel (non-réflexif) : «aucune action n’est inessentielle» (congruence).
- «Le sujet lacanien respire d’emblée la singularité» [respiration = esprit !]. Paradoxe : ‘je’ est une entité «vide et singulière», mais il y a «un prêt-à-porter seyant» à quiconque peut dire ‘je’ !
- Tout cela illustre la magnifique définition lacanienne : le sujet est ‘une pliure signifiante pétrie dans l’actualité d’un corps de chair’ [l’actualité est celle de l’esprit : mise-en-acte].
- C’est cette ‘pure puissance’, cet «appel d’air» que nous appelons «penser sans réfléchir du tout» : cette potentialité marque un sujet-en-proie-et-en-quête [nous comprenons donc le ‘penser sans réfléchir du tout’ comme définition de la spiritualité !]
Question : Lacan a aussi défini le sujet comme ‘parlêtre’… Comment l’entendre ?
Est-ce «parler son être » ?
Guy Le Gaufey
- «Mot très bavard !»
Intervenant (répondant à sa propre question, ci-dessus) :
- Je vois ça comme une «série d’actes de paroles»…
Guy Le Gaufey
- Si le sujet est ‘supposé savoir’, l’emploi du transfert se retrouve davantage «réglé» [régulé ?].
- L’Autre doit passer de ‘trésor des signifiants’ à ‘savoir’ (S2).
Question : Si la singularité -comme même point- distingue du reste du monde, le sujet est-il une «pure différence» ?
Guy Le Gaufey
- La singularité ne doit pas être pris comme «un superlatif de la particularité» !
- La ‘pure différence’ est un oxymore !
- «Le savoir est intersubjectif» et il «continue son chemin»…
Question : …
Guy Le Gaufey
- Dans ‘penser sans réfléchir du tout’, il reste l’érotique, l’éthique…
Jean Louis Sous : De la vanité référentielle
- Commençons en abordant le titre de cette journée : ‘Spirituelle, la psychanalyse ?’… Il y a une «élision de la copule ‘est’» : cette «élision de l’être» est une absence de «référentiel» ! Ce mouvement se veut à l’encontre des mouvements tautologiques comme «la psychanalyse, c’est la psychanalyse» qui, eux, en rajoutent dans le référentiel !
- Abordons le tableau Psyché surprend Eros endormi (de J. Zucchi) [l’œuvre est projetée dans la salle] : le bouquet cache l’intimité d’Eros, ce n’est pas une castration mais bien une «élision du phallus». Lacan distingue deux rapports au manque : la castration et l’élision (-Phi) [le premier est de dimension symbolique, le second est de dimension imaginaire]
- Psyché est la «naissance de l’âme». Au croisement de son regard et de celui d’Eros, il y a le bouquet, surajouté, qui élide le phallus, en une «retenue», une «réserve».
- Se régler sur le «-» du phallus (son élision) pose l’alternative d’en parler ou non et empêche de savoir quel est le référentiel… [Elision vs. Référentiels]
- Dans le séminaire Le Transfert, Lacan parle, à propos de ‘l’objet phallique’, d’un ‘blanc’, d’une ‘île’ : on ne sait pas ce qu’il y a à l’intérieur de l’île, il y a élision, c’est-à-dire «suspension des référentiels». Dans L’Angoisse, Lacan parle du phallus comme ‘réserve obligatoire’ : élision.
- Le «point d’élision» n’est pas un manque de signifiant ni un signifiant du manque mais… le point où le signifiant «vient à manquer : point d’énigme, incommensurable».
- Ce manque de garantie s’écrit ‘A barré’ [c’est là qu’apparaît l’ob-jet a : dans l’élision].
- Passons aux Ambassadeurs (de Holbein) [l’œuvre est projetée dans la salle] : le «non-référentiel» est mis en jeu par la «vanité des êtres en représentation», par le «trompe-l’œil» de leur puissance…
- En effet, la mise-en-scène montre comment les êtres «en chair» se retrouvent devant un «os» : c’est la fameuse anamorphose qui marque le déplacement autour de la représentation.
- La «dimension spectrale» est la fonction du manque [ici aussi comme élision]. L’anamorphose est l’«incarnation imagée du -Phi», c’est un «sujet néantisé», dans l’indétermination.
- Par ailleurs, ‘Holbein’ signifie «os creux», ce qui peut expliquer le détournement de la commande [l’anamorphose n’était pas prévue dans cette dernière…]- Face à la «démesure des ambassadeurs de la mesure» (scientisme, par exemple, aujourd’hui) [et plus encore : la finance !], l’anamorphose permet de détourner la représentation et la pratique analytique doit prendre cette forme de ‘witz’ [l’anamorphose pensé comme catégorie du ‘witz’… : n’est-ce pas là un exercice spirituel ?].
- Nous pouvons terminer en ouvrant sur une autre question : «profane, la psychanalyse ?», ‘profanum’ signifiant ‘à côté du temple’…
Remarques d’un intervenant
- Cela fait penser à l’expression lacanienne ‘roc de la castration’ : où situer cette castration ? N’est-elle pas dans la «résistance» et le «fondement» ? [Dit autrement : comment situer l’élision par rapport à la castration ? En effet, selon que le phallus soit d’abord imaginaire ou d’abord symbolique, le rapport du sujet à l’Autre n’est pas le même !]
Jean Allouch : L’Amour Lacan
- L’Amour différencie clairement Lacan de Foucault.
- Par un exercice d’imagination, je vous propose une «nouvelle figure de l’Amour»… Qu’en faire ?
- Dans Le Pur Amour, Jacques Le Brun mentionne l’Amour romantique, l’Amour guerrier, platonique, éternel, comme échange, comme répétition, comme fantasme, divin, extatique, narcissique, dantesque, etc. Mais pourquoi autant de figures différentes de l’Amour ?
- Lacan, pour sa part, n’a voulu aucune de ces figures, c’est pourquoi, avec lui, nous pouvons «faire le ménage» ! En revanche, il parle d’Amour ‘de transfert’ : «transmour»… Comment l’accueillir, comment l’amener à sa fin ? Ici, l’Amour est pensé comme «expérience» d’où l’inédit peut faire événement.
- S’appuyant sur le dispositif freudien rapprochant l’Amour de la haine, Lacan parle aussi d’‘hainamoration’ [jeu sur ‘énamoration’]…
- En fait, Lacan ne pu se satisfaire d’aucune figure, les écartant toutes d’une manière ou d’une autre…
- Alors, comment s’en sortir ?
- Déjà, l’Amour n’est «pas à théoriser» : préférons mythes, poésies, peintures ou formules… Il peut être véhiculé par la rumeur, les lapsus… Le théoriser reviendrait à «élire certaines possibilités», ce qui pose problème… Il est plus juste de parler à propos de l’Amour d’«épidémie sans théorie»…
- Ensuite, rappelons que la sortie du ‘transmour’ est «barrée par le désir» : celui de l’analyste, par exemple, est brandi comme «étendard»… Nous pouvons finalement remarquer un certain «écoeurement» du désir, c’est pourquoi Foucault va «jouer le plaisir contre le désir» (les plaisirs nouveaux pouvant amener au désir)…
- Enfin, notons que certains psychanalystes [Allouch cite ici deux exemples] ont amenés l’Amour sur la place publique mais en l’idéalisant, et surtout, sans parler du ‘ravalement amoureux’ [ou des ‘hainamorations’] si important en psychanalyse…
- Il est vrai que Lacan était «embarrassé» vis-à-vis des figures de l’Amour et ce n’est qu’aux Catholiques (à Bruxelles) qu’il se confiera en liant son œuvre et sa personne [discutable puisque l’on peut trouver des occurrences d’apparences assez proches dans certains séminaires, le XXI par ex.]…
- Face aux Catholiques (‘tenants de l’Amour divin, éternel’ dira-t-il), Lacan se situe alors comme «maître spirituel» jetant le petit a figuré comme une ‘hostie’ (mot de Lacan en 68). N’est-il pas, aussi, maître spirituel lorsqu’il propose ‘la passe’ comme ‘savoir cumulé’ (par le passant) ? N’est-il pas maître spirituel lorsqu’il affirme aux jeunes (en 68) qu’ils ‘aspirent à un maître’ ?
- Chez Lacan comme maître spirituel, «l’aveu intime est une stratégie du dire».
- Mais comment faire savoir cette inédite figure de l’Amour ? En la distillant «à doses roméopathiques» !
- Son mode d’adresse n’est autre qu’un «débrouillez-vous» mais c’est une adresse «relative» : c’est une «adresse à la liberté dans l’autre» (dans l’analysant, particulièrement).
- Ainsi, cette figure inédite de l’Amour s’adresse davantage à la liberté qu’au désir.
- Notre fiction [l’exposé] «touche un point de réel» lorsque nous appelons cette «unique figure de l’Amour» : «L’Amour Lacan». Nous pouvons notamment l’entendre dans sa fameuse adresse à ‘l’école de ceux qui m’aiment encore’ [cette adresse semble celle d’un maître spirituel en appelant à la liberté qu’il y a en chacun : ‘L’Amour Lacan’ est cette figure de l’appel…].
Question : Où se situe la maîtrise dans l’exercice spirituel ? L’ouverture (le ‘lâcher-prise’) doit-elle être maximale ?
Jean Allouch
- C’est le «matériel», la ‘logique sans réfléchir’ qui doit primer [cf. Guy Le Gaufey].
[Il relate alors une anecdote ayant trait au sacrifice d’animaux, au Népal] : peut-être que la spiritualité ne peut/doit être que «polythéiste»…
Remarques d’un intervenant
- L’exercice spirituel n’est-il pas un «cadre pour maîtriser» se substituant au voyage et modifiant le rapport à soi ? Il y aurait alors une dimension ‘éthico-politique’ et/ou une dimension de «jeu»…
Soom
Friday, March 21st, 2008La répétition et le sursis sont des suicides en instance, des hypoxies à la merci de l’Autre. Quand mépris, suspicions et jalousie nous étouffent; quand habitude, remords et solitude nous enferment, il reste un écart, une inspiration, un espoir : l’Arrêt de Mort.
Pneuma, esprit actualisant la vie, respiration oscillant de la Mort à la Résurrection.
Souffle, exhalé, exalté : libération par la Passion. Par la Promesse, par le Pardon.
L’Autre active l’Imaginaire (écrans, donc, communication), son Désir est la solution (pendue à un bouton). De la prison du dedans à celle du dehors, des halètements feutrés aux soupirs outrés, le vide s’évacue, s’évanouit, dans l’avidité du Réel. Quatre saisons pour passer des râles agonisants aux cris des corps jouissants. Le Tiers, le Symbolique a permit le Deux. D’heures heureuses. D’eux : s’embrassant (l’Autre s’égare), faisant l’Amour (l’Autre s’y gare -cigare enflammant-) : plus-de-jouir (baiser d’a-dieu), intensité renouvelée, métamorphose.
Souffle, étheré, éveillé : incarnation de la Délivrance. Départ de la désespérance.
Rouah, vent réalisant la vie, respiration hésitant du soulagement au Bonheur.
Quand le condamné part, paisiblement, dans l’éternité d’une mort expiée, expirée, exilée… Quand la sainte part, familialement, dans l’ailleurs d’une vie meilleure, ignée, inspirée, initiée… Il y a un devenir, un manège qui déménage, un plaisir qui surnage : Tombe la Neige.
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Film hypersignifiant, fruit d’un génie structuré en 10 jours, jubilatoire et cathartique. Kim Ki-Duk semble avoir trouvé les clés de la sérénité : d’une poéticité folle, d’un humour subtile et ravageur, par un périple bouleversant, Souffle propose l’oxygène cinématographique qui nous manquait. Il ne s’agit pas d’un triangle, il ne s’agit pas d’une éthique, il s’agit d’une sagesse esthétisée, voix silencieuse et inouïe. Pas un plan pauvre, pas une scène transitoire : tout est densité, saturation d’émotions contradictoires, équivoque brûlante. De l’errance à l’Eros, la précision et la justesse des jeux d’images coupent… le Souffle !
Mais transmettent un vent nouveau : ici.
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Ins…
Sourire réex-
Pire.
Ins…
Soutire sous tex-
Pire.
Ins…
Soupir ou dire ou dex-
Pire.
Ins…
Souffrir s’occire s’offrir ex-
Pire.
Ins…
Sortir tard tord tir ter taxe t’ex-
Pire.
Ins…
S’ouvrir vers vous vue vent vin vex-
Pire.
Ins…
S’énerver se serrer s’évader s’ennivrer s’annex-
Pire.
Ins…
S’éventrer se vautrer saliver se livrer s’exhiber sexe y est s’ex-
Pire.
Ins…
S’évanouir s’épanouir s’évaporer évoluer et volupté et volutes et vos luxes et vos lex-
Pire.
Ins…
S’évider de ses vies des viles de veilles de vols des viols d’envols d’éveils des vieilles envies des vices des miss des mex-
Pire.
Ins…
S’…
S’…
S…
PIRE
Théâtre cathartique : Anthropothanasie & Anthropophanie
Friday, February 15th, 2008Dissertation littéraire
« Le poète tragique dégage de son sujet tout ce qui donne de l’importance au malheur jusqu’à en faire le souverain du monde, l’auteur comique, au contraire, met tout en oeuvre, non pour nier l’existence du malheur, mais pour nier son importance. » - François Germain.
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Introduction (P.01-02) :
PROLOGUE - La scène se passe dans l’espace allant de nos idées à vos pensées. Entre mo(r)ts et corps.
Le théâtre est, avant tout, un entre-deux : l’auteur d’un côté, le lecteur de l’autre; l’acteur d’une part, le spectateur d’autre part. C’est dans cette tension que se produit l’action, faite de langage (le texte théâtral) et de regards (”theatrum”, en latin, signifie “voir”, “regarder”). La tragédie est, depuis Aristote (Poétique), le genre théâtral primordial. La comédie, plus insaisissable, est souvent définie en creux, comme un négatif du tragique. Si Aristote fonde l’opposition sur la nature des personnages, François Germain, en revanche, base cet antagonisme sur le concept de malheur. Ainsi, “le poète tragique dégage de son sujet tout ce qui donne de l’importance au malheur” : l’auteur tragique écrit en fonction de l’importance du malheur, comme si celui-ci en était le telos (le but). En effet, pour F. Germain, le dramaturge tragique doit faire en sorte d’accroître l’importance du malheur “jusqu’à en faire le souverain du monde”, c’est-à-dire, l’ériger comme valeur suprême du tragique. A l’oposé, l’auteur comique “met tout en oeuvre” “pour nier l’importance du malheur” : il doit “faire avec”, accepter son existence, mais en niant la puissance de ses conséquences. Ainsi, le dramaturge comique doit écrire en vue d’annihiler, de déprécier, de rendre absurde le malheur. Il nous vient, alors, deux interrogations majeures : pourquoi, et, comment le malheur différencie-t-il la tragédie de la comédie. Etymologiquement, le malheur est formé du “mal” (concept négatif) et de l’”heur” (chance, présage, augure) : ce serait la malchance ou la “mauvaise destinée”, donc une cause extérieure au sujet (personnage), qui oposerait tragédie et comédie. Dans la tragédie, les conséquences du malheur proviennent d’une finitude, d’une fatalité (liée aux dieux) mais aussi d’une catastrophe, d’une péripétie (liée aux hommes). Dans la comédie, le malheur est plus problématique : il est, soit étouffé par son contraire, le bonheur (concept joyeux et léger : positif), soit désacralisé par les procédés induisant le rire, qui le met à distance. Dès lors, l’auteur comique et le poète tragique semblent avoir des démarches asymptotiques. Pourtant, le malheur paraît être ce point-limite, cet épicentre capable de rapprocher comédie et tragédie en un même infini. Dans quelle mesure la dichotomie ouverte par le malheur opopose-t-elle l’être-au-monde tragique et le monde-de-l’être comique ? La primauté du malheur ne voile-t-elle pas la pluralité des éléments discriminants, et, où peut-on situer le point de fuite d’un théâtre universel ?
Le malheur pose le problème de la liberté, c’est pourquoi il nous faut examiner les ressorts, les processus et les conséquences d’une instance externe face à l’autonomie humaine. Nous verrons, alors, que si le rapport à la vie (et à la mort) diffère de la comédie à la tragédie, il n’en est pas moins un lieu de rencontre, dans la catharsis et l’absurde. Il nous reste, ainsi, à dénouer langage et corps pour faire repartir chaque genre d’un foyer commun.
Développement (P.02-16) :
ACTE I - Originellement, la tragédie est “la représentation [mimésis] d’une action noble” (Aristote, Poétique), luttant contre le destin, entre plainte et fureur. Elle renferme des conflits (entre hommes), dépendant d’un “fatum” (destin), qui tranforment le bonheur en malheur. C’est la volonté, donc la rationalité, du héros tragique qui révèle l’irrationalité d’une destinée transcendant sa liberté. Si la péripétie tragique peut s’apparenter à l’une des trois caractéristiques fondamentales de la comédie, l’anomalie, l’euphorie comique s’oppose au tragique par la mise à distance du malheur et par l’innocuité (absence de conséquences graves) de celui-ci. Ainsi, le personnage comique est créé pour rire du monde en vue de triompher du malheur alors que son homologue tragique erre dans un monde où sa liberté n’est vouée qu’à reconnaître sa culpabilité.
[…]
Comme François Germain l’affirme, le poète tragique édifie le malheur comme “souverain du monde”, le destin ou la morale rendant mortifère l’existence du héros. A l’opposé, l’auteur comique dénigre le malheur, préférant la légèreté du rire et du bonheur, pour prôner la liberté. En fait, le héros tragique semble situer son telos dans le général alors que son homologue comique fait valoir sa condition d’individu : cet antagonisme éthique, pensé par le philosophe danois Sören Kierkegaard (Crainte et tremblement) ouvre un en-deça rapprochant tragédie et comédie dans l’angoisse de la finitude, qui prendra forme dans l’absurde.
ACTE II - Le malheur désigne un rapport à la mort spécifique à chaque genre, et la vie que représente les héros transmet des affects différents aux lecteurs ou spectateurs. Cependant, l’extrémité du rire et celle de la terreur ont la même ambition : la “purgation”. Ce point de rencontre n’est pas le seul que les dramaturgies offrent au regard, plus profondément, c’est l’absurdité de l’humanité qui sera montrée : tragique et comique ne sont pas parallèles : ils se croisent et s’écartent.
[…]
L’antagonisme énoncé par François Germain oppose tragédie et comédie d’une limite à l’autre : l’être-au-monde tragique s’abime dans le malheur en vue d’une catharsis identificatoire, l’absence de liberté étant purgée; le monde-de-l’être comique s’évapore dans le bonheur en vue d’une catharsis révélatrice, la liberté étant épurée de son fond d’angoisse; si l’épuration est un au-delà du malheur, de l’opposition tragédie/comédie, l’absurde est un en-deça où malheur et bonheur s’articulent dans le temps, s’annulant l’un l’autre. Du vide de l’errance mélancolique à la saturation de l’intensité cathartique, l’espace où s’affrontent malheur et liberté est trop étroit pour la “tragi-comédie” et la “tristesse mélancolique” qui défont les noeuds dramatiques. Leur littérarité pose la question de la place du langage, au théâtre.
ACTE III - L’espace théâtral mêle fondamentalement les deux formes langagières : écrit et oral. Poser la question du cadre tragique et du cadre comique nous amène ainsi à mettre les noeuds cathartique et absurde à l’épreuve de la littérature et des paroles. C’est le foyer du corps qui nous permettra de réarticuler comédie et tragédie : l’art du dramaturge repose alors sur une mise à distance irréductible, par les mots et la matière. Ainsi, catharsis et absurde ne suffisent pas à légitimer comédie et tragédie; pire : les genres ne peuvent se spécifier que par la création langagière, rencontre de la liberté et de la finitude.
[…]
L’opposition classique de François Gemain, fondée sur le malheur, s’avère bien superficielle par rapport au cadre théâtral ouvert par le langage et son rapport au corps. Ainsi, Beckett, Molière et Jarry (voire Aristophane) ne nient pas l’importance du malheur, ils composent avec afin “de toucher au langage comme s’il était la vraie matière” (Valère Novarina, Lumières du Corps) : de la tragédie du langage (absurde ionescquien) à l’épuration du corps (catharsis, par la terreur ou le rire), la comédie et la tragédie ouvrent chacune un drame langagier par l’intermédiaire de l’acteur, du héros, de la “personne” (personnage vide). L’acteur “n’est que… l’agent sémantique”, le “foyer où le texte est brûlé” : “le texte est comme dicté; l’acteur en est victime et le porte au public d’un flux” (V. Novarina, ibid.), le langage devient matière grâce à la parole et au souffle de l’acteur, permettant la catharsis. Dans la comédie, cette métamorphose du langage fait apparaître l’Homme, libéré à la place du rire. Dans la tragédie, le corps de l’acteur est sacrifié à la place du langage et l’Homme s’éclipse, tué par une fatalité, une fuite ou une finitude.
Conclusion (P.17) :
L’affirmation de François Germain situe un premier niveau, ouvre un premier espace, déchire une première scène dramatique : là, tragédie et comédie sont exposées fragmentairement, opposées d’après le rapport rationnel de l’homme au malheur. Dans cet espace superficiel, l’auteur tragique entraîne l’individu vers le malheur, ce dernier étant englouti par quelque chose qui le dépasse (le Destin ou l’Amour). Le poète comique fait régner la liberté, dans cet espace rationnel : le malheur est éclipsé et l’individualité est affirmée. Cette scène fragmentaire est fondamentalement bipôlarisée par la mort (la religion ou la morale triomphants, dans la tragédie) et par la vie (le bonheur ou/et l’Amour triomphants, dans la comédie). Il nous faut alors y superposer un autre espace théâtral : celui de l’irrationnel. L’auteur tragique et le dramaturge comique visent tous deux l’épuration par le corps (la catharsis) : pour le premier, la fureur de l’acteur doit se muer en terreur du spectateur (identification); pour le second, la légèreté de l’acteur doit se changer en hilarité du spectateur (rires révélateurs). Quand la tragédie et la comédie se confondent dans une interrogation antihumaniste, exposant la finitude absurde de l’acteur, c’est la morbide matière théâtrale qui est en cause : le langage. C’est en fait le croisement des espaces rationnel et irrationnel qui crée la théâtralité : ce lieu est un ailleurs où le corps de l’homme métamorphose le texte en paroles, en un sacrifice spirituel. “Le langage retrouve dans le corps de l’acteur l’espace où raisonner. Les sons ouvrent les sens” (V. Novarina, ibid.). Dans la tragédie, l’acteur est un foyer consumé par les mots, vidé de son être par l’imaginaire (un Moi moraliste ou un Surmoi déiste); dans la comédie, l’acteur est une incandescence fragmentée incarnant le texte et permettant l’impensable résurrection de l’Homme. L’offrande respiratoire de l’acteur tragique fait disparaître l’homme : la tragédie rend l’être au monde, c’est une défaite humaine, une “anthropothanasie”. L’innocuité du “parlêtre” (Jacques Lacan) comique fait apparaître l’homme : la comédie met le monde dans l’être, c’est une défaite du langage, une “anthropophanie” (ibid.). Le point de fuite de la scène anatopique du théâtre est dans l’esprit du destinataire : pleurs ou rires.
Mots en trop, corps encore, drâme de l’âme et de morts
L’esprit rit, la chair jouit, comédie de la vie.
RIDEAU.
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Ma copie en intégralité : 01 - 02 - 03 - 04 - 05 - 06 - 07 - 08 - 09 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17
A améliorer :
La fluidité théorique. Les transitions. Le cadrage du sujet ?
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Le scan est un extrait d’une pièce de Valère Novarina :
L’Avant-dernier des hommes, version pour la scène du chapitre XVII de La Chair de l’homme, a été créé le 25 mars 1997, dans une mise en scène de Claude Buchvald, au Théâtre d’Evreux, par Claude Merlin et Jacques Falguières. Reprise au Festival d’Avignon 1997 à La Chartreuse; et à Paris, au Lavoir Moderne parisien, en janvier 1998.
Rythme (10/2006)
Friday, February 15th, 2008! …; … ?! … !?? … (s../…) : …i !!! (…; l…) ?? (…; e…) !!! …n : (..c/…) e… ??! … !? …; … ?
Pi. Que. Pis. Quand ? Ri. Qui. Qui ! Mi. Que ? Mat. Que. Raz. Qu’on. Thé. Pas. Ni. Que. Mot-
Que(ue)-ris ! (Ar)rime, eh-pic. Es(t) pire. (M)ai(s), presse-y-pisse. Pli(ss)e l’es-prit ! Pri(x)ma
(Ar)rose, ô (pr)ose(s) : (h/z)éros aux filles. Anges ? Ailes d’elle. Déli(t-)cieux aux y(heur)eux.
Re-prie, (p)ire emprise, (m)éprise, (ir)rise en lyre de mi(r)e qu’admire l(’)à prise d’a(sp)ira-
L(’)en(t)-tire en-(t)erre-ment mo(n)t-strueux heu-faux-ri(qu)e ho-chez ces (h)ain-ombres
Paixnombres por(e)noncées en(f)ondécédées désespérentes entier(s)ement men(t)songeur.
Imp(a)rose-ode-hic (h)eure-hé-leurs, (r/ab)béstialité héb-étourdissante énamourrantérieure
Aventurinim(ag)inable thanatodyssérieusement luxu(libidin)euphorique roman-faux-toniques
Voluptonctusomptueusubliminale allégoriencouchesoleillée extaticomnisidéréjouissencensée
S‘aime-anti-cauchemaraisonnable-autoda-fée-nix mix-intravénéneux-démonisthmiraculeux
L’heurt-richissimmaculécholalibidos-d’eauxymorythmiqualitattirante-emphilosophalliclair-heure
Bonheurinnâmoramenteauchaudanséreinadorpuretaimèrairabsolutopirimmondéparhautxysme
Repeaux-lhymnimmensitématé-matiqueuthanatextrèmintimidé-sublimatintroubladoux-repos
Char-mé-moi-recueillin-imitagalmagnifi-sens sans-ténébroussaille-antre-lacéréestimulactivité
Poémannequinnatalitérection amalgammâmerreveilleuse discontinuaroulettrésorrationelection
Impère-misensation pèrevercythéréanimatriste déperd-mutentations psychéros(ex/ens)uelles
Co-râllit-terre-actions d’or-(f)i(e)vre, en-vie-dé-livre-anse désir-résistible suce-(p)a(n)dorable
Emphatalement (b)analement démon(t)structible imbacillité ultim(hum)ide s(’)ex-cité mortbide.
Cru-ci-fiction (a)la(r)me-(t)entations à-tension, di(x)-vague-(ri)ations, fris-sons (s)ex-pression
Poèmondiale lac(ri/rymal) alkhol attol (hâ)telles Babel(le) cant(e)aux obscura(re)té re-mon-
Trans(e)pores, ports, (h)or(s) e(s)t li-hein ? Ma(r)re ions p(r)ions chants-pi(ll)ons tôt-logique
S(a/e)ns-b(l)ancs en-cor(p)s raccords ! Déco(r)s chorés (r)es-p(o)ire boire soir éther-ni-tai-
Mais. Ré. Cas. Pi. Tu. La. Re. Cul. Tu. Re ! Mix ? Et ! Cru. Ci. Fie. Ni. Eh. Cri. Toi. Re. Vie. Vrai.
? …, … !? … ??!! -s…- : ..i, … ! (l… !! …) e… ? … (n… !! …) ! c.., … : -…e- !!?? … ?! …, … !
Chron-hic m’ôte-air-y’a-liste : juin 2007…
Monday, February 11th, 2008
Et peu(r) à peu(t) (près ?) fatigue. Perd repère et navi(e)gue, à l’intrigue. Intri-que un
tri d’inspirations. Respir(e-r)ation. Attend, relache, à temps, et cache. Tes émotions ? Tes in-
tensions ? T’es un champion ! De la di(t)gression… Attention : il faut faire frais et frustré frein.
Se diviser. Aviser réviser raviser. Et inciser. Ci(s-)eaux : haut et bas, beau ou pas, vide ou plein,
ou bien, passion ou dissertation. Ou compromis. Cuité ? Q.I. terr(e)ible. Ment. Inutile. Mais il
espère enc(o)re. A corps trouvé ou à cœur perdu. Accords vou(s)lus. Lu. Elu. Cul-be-ration. Nihil-
hystérique. Puis, les derniers j/cours. Nuit, partagée, tout autour : amitié(s) ? A mi-parcours, mil-
lions de nouveautés. Ethéré(ussi) et rêvé (aussi). Si fort que les quitter, c’est l’hors et l’acquitté. Exil.


