Posts Tagged ‘Apparition’

“dé-livre-moi” (Flora Holler & Aurélien Marion)

Thursday, January 14th, 2010

 

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AVALON - le Fantastique de la Disparition

Thursday, December 10th, 2009

AVALON - DVD

 

Si, comme chez Antonioni, la disparition altère la distinction entre réalité et fiction, elle n’est pas, chez Mamoru Oshii, mise en image de la même manière. En effet, Avalon est un film fantastique, c’est à dire, un film où l’équivoque entre rationalité et irrationalité -mais aussi entre naturel et surnaturel- crée une atmosphère d’étrangeté (à soi, au monde), transcrivant l’angoisse de vivre.

[Cette définition du fantastique repose sur la définition littéraire de T. Todorov]

Ainsi, Avalon nous fait éprouver, via une expérimentation complexe et ardue de l’imaginaire, la hantise de l’absence, revenance risquant de s’absolutiser en kénose du sens. C’est donc un film fantastique dont l’inspiration la plus explicite et revendiquée vient du court-métrage de Chris Marker, La Jetée (1962).

Le titre, Avalon, fait référence à la légende arthurienne (île mythologique où errent les immortels), mais aussi à un jeu vidéo de guerre (l’univers virtuel du film), et, à la « classe réelle » de ce même jeu vidéo (la partie spectaculaire du virtuel). Ces trois niveaux de compréhension sont à appréhender ensemble, faisant d’Avalon le lieu de disparition principal du film.

Dans ce film, l’entrée dans le jeu se comprend comme le passage de la réalité à la virtualité. C’est la présence d’Ash -l’héroïne-, qui définit cette distinction, et ce sont les disparitions l’affectant qui en altère la portée. Ash est une joueuse solitaire, à la survie quotidienne banale et sombre, elle ne vit que par le jeu car il lui rappelle l’épopée qu’elle vécut avec son ancienne équipe, les “Wizards”, avant que son amant Murphy ne disparaisse, perdu à jamais dans la virtualité.

C’est pour le retrouver qu’Ash tentera d’aller au bout du jeu, en accédant à cette si mystérieuse « classe réelle », épreuve finale de la disparition. Comment le cinéma fantastique parvient-il à nous montrer la difficulté de cette épreuve ?

Pour y parvenir, Ash doit parcourir les deux systèmes de sens que nous allons vous développer dans nos deux premières parties :

I – Le système fantastique de la survivance.

II – Le système neutre du spectacle.

Ce sont les rapports entre ces deux systèmes de sens qui nous amèneront à notre troisième partie, plus directement ancrée à notre problématique :

III – Impacts des lieux de disparitions sur la vie.

 

L’intégralité du texte : avalon-le-fantastique-de-la-disparition.pdf

 

Lyrisme, Kénotisme, Aléthisme : Poéphanie et Choséité (Poésie au XXème siècle)

Thursday, March 20th, 2008

Dans la poésie de Saint-John Perse, écrit Philippe Jaccottet (L’Entretien des Muses, 1968), « là où les choses sont immédiatement proches, et avec elles leur plénitude (l’Etre, si l’on veut), là où la densité du réel est forte, l’expression peut être non pas moins parfaite, moins exacte, mais plus simple, moins chargée de beautés visibles, de figures, d’allitérations, d’assonances, de balancements (qui font les délices de certains critiques et qui me gênent ici comme chez Valéry : parce que j’ai l’impression de lire non plus un poème, mais un exemple pour traité de prosodie); inversement, là où la densité des figures est la plus grande, on serait tenté de croire que c’est pour tenter de couvrir un vide (dont le poète, d’ailleurs, avoue en plus d’un endroit connaître le goût nauséeux). Ou serait-ce que l’Etre se dérobe quand on veut le saisir à ce piège-là ? »

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Introduction (P.01-02) :

Pour de nombreux poètes, la principale difficulté face à l”inspiration’ d’une part, à la nécessité d’écrire d’autre part, se situe dans le passage du visible au lisible. Parmi ces poètes, Philippe Jaccottet s’est beaucoup interrogé sur le ’style’ à adopter pour exprimer le réel, pour mettre en poésie sa perception du monde, pour écrire les choses en les ‘respectant’.Dans L’Entretien des Muses, Philippe Jaccottet donne ainsi son avis sur la manière d’appréhender la poésie. D’abord, il prend Saint-John Perse et Paul Valéry comme exemples à ne pas suivre car leurs poèmes donnent “l’impression de lire (…) un exemple pour traité de prosodie”, c’est-à-dire une accumulation de “beautés visibles” et de figures (”allitérations”, “assonances”, “balancements”). Pour P. Jaccottet, “l’expression peut être (…) plus simple” lorsque “les choses sont immédiatement proches” : il semble privilégier une certaine pureté, une certaine transparence dans le style, pour favoriser l’accueil poétique des choses (et de leur “plénitude” -”l’Etre”), pour mieux transcrire la “densité du réel”. Ensuite, il essaye d’expliquer à quel objectif paraît répondre la “densité des figures” (comme chez S.-J. Perse ou P. Valéry) : P. Jaccottet pense que “c’est pour tenter de couvrir un vide”, que le poète doit affronter, sans préciser d’où vient ce vide ni comment l’exprimer. En outre, il suggère que cette impression d’un vide à couvrir vient de l’impossibilité de saisir l’Etre, de cette manière. Mais nous devons nous demander si l’épure poétique qu’il défend est mieux ‘adaptée’ à l’écriture de l’Etre, à la saisie de la plénitude intrinsèque aux choses. Nous pouvons, par ailleurs, douter de la possibilité d’une adéquation des choses aux mots, ne serait-ce qu’à cause des images que nous avons de ces choses. Ainsi, l’Etre semble insaisissable par la poésie, même si elle évite l’excès de figures. Dès lors, il s’agit de comparer les styles, expression simple ou recherche prosodique complexe, pour entrevoir leurs degrés de ‘fidélité’ au monde, leur ‘respect’ du réel. A la problématique de l’épiphanie des choses, de leur apparition en poésie s’ajoute celle d’un vide que le poète tente d’exprimer ou d’oublier, un vide avec lequel il faut composer. Plénitude et vacuité nous paraîssent, en fait, les deux faces du même rapport : celui du poète au monde, perpétuellement redéfini, et donc éternellement différent.Comment le poète peut-il conserver, saisir et révéler sa perception des choses (du monde), malgré l’évolution de sa sensibilité qui, à travers son imagination, semble séparer l’inspiration, des mots, dans un irréversible divorce du réel et du langage ?

Mettre les choses en poésie appelle un style de lien au monde : de la pureté à la préciosité, un vaste éventail lyrique est possible. Appréhender l’Etre et le vide nécessite une étude des choses ‘elles-mêmes’ et de leurs représentations : de l’ouverture par les images à l’ouverture pour les images, le ‘rien’ réifie. Accueillir l’apparition des choses et des images requiert un dévoilement : du son au sens, le rythme de l’écriture du réel est le commencement de la mise en mots.

Développement (P.02-26) :

Quand la poésie tente d’exprimer ce que l’inspiration transmet de la perception du poète aux choses (au ‘monde’ comme ‘réalité’ de l’ensemble des choses perçues par le poète), elle tisse des liens entre le monde et les mots, pour être le plus proche possible de l’Etre (d’une plénitude ‘osmotisant’ langage et choses). Qu’elle soit poétique de la transparence et de la ténuité (dans un évanouissement du poète, puis une évanescence des images) ou poétique de l’opacité et de l’ornement (dans une “vaporisation du moi” -comme disait C. Baudelaire, puis une ventilation des images), la mise-en-poésie du monde est l’expression d’une relation lyrique. Ce lyrisme, nous l’entendons (avec Jean-Michel Maulpoix -dans La poésie comme l’amour) comme “des fils tissés autour de rien” (par la poésie tentant de s’arrimer au monde) ou comme “une collection de nuages” (par le palimpseste d’une perception toujours “transitoire”).[…P.02-10…]

Toutes les tentatives lyriques pour lier le monde aux mots, pour fusionner ‘adamiquement’ les choses et le langage, pour mettre en poèmes la réalité dans toute sa densité, ont échouées : du ’suspens’ (Haïku) aux mouvements (S.-J. Perse), de l’ouverture (Ph. Jaccottet) au ‘devenir’ (R. Char), de la ‘voix’ (P. Valéry) à l”objeu’ (F. Ponge), l’Etre s’est toujours dérobé car le problème de l’image n’a jamais été complètement résolu. C’est pour cela que nous devons, à présent, élargir la problématique à sa deuxième face : le vide. Ainsi, étudier notre rapport aux choses passe par la “plénitude” (”densité du réel” -Ph. Jaccottet) et la ‘vacuité’ (”pour tenter de couvrir un vide” -Ph. Jaccottet). Face au vide, deux ’styles’ poétiques s’affrontent : ceux qui essayent d’apprivoiser, de combler, de ‘faire avec’ (le lyrisme); ceux qui essayent de comprendre, de creuser, de ‘créer par’ (le ‘kénotisme’, poétique de l’évidement).[…P.11-19…]

L’opposition des lyriques et des kénotiques nous a permi de redéfinir notre problématique, en divisant les choses entre le possible (le monde de la réalité des objets) et l’impossible (l’im-monde du réel des transcendances et des actes échappant au sens). C’est par le vide intrinsèque aux choses et aux mots que l’âme perpétue l’image d’une fusion langage-réel : image évoluant au gré de la voix incarnant l’inspiration en poésie. Conserver cette évolution relève du rythme sonore. En revanche, la plénitude de la chose, celle des mots, et leur réalité dans l’apparition itérative d’une image fusionnante relève de la voix sortant l’inspiration de l’oubli. Pour, peut-être, résoudre la question de l’Etre. Guillevic nous a fait comprendre la force du mur du langage; C. Prigent nous a montré comment le traverser et le transformer. Ph. Jaccottet nous a révélé les dangers de l’accueil des choses; D. Roche nous a disséminé ces choses dans un rythme pulsionnel refusant l’accueil. P. Reverdy a mis en exergue les débords de l’image; S. Mallarmé nous a rapporté son impuissance face au vide. Tous ont été imposants ou trop prudents face à l’Etre, mais tous nous ont suggéré que le sens de l’image doit court-circuiter le vide par une épiphanie rythmique.[…P.20-26…]

Conclusion (P.27) :

Qu’elle soit riche ou transparente, précieuse ou pure, pleine d’images ou pleine de vide, l’expression lyrique ne parvient pas à saisir les choses (leur plénitude ou leur vacuité) car elle ne préserve pas l’apparition. Le poète révèle sa perception du monde en composant son inspiration dans la partition de la voix, et par la voie de l’imagination. Ainsi, le style kénotique a permi le dévoilement du réel par fusion de la chose impossible à écrire et du langage imossible à contrôler, dans un vide sonore. Mais ce rythme d’écriture doit se faire aléthique, par la mise-en-poésie imagée de l’apparition d’une réalité motilisée (ou d’un mot réalisé). L’”immédiatement proche” des choses est l’Etre comme sortie de l’oubli : quand les prosopophanies s’enchaînent à l’infini, quand les oxymores oscillatoires jouent entre vie et mort, quand la figure impossible anime le vide et émeut l’image, l’accueil poéphanique actualise l’idylle du monde et des mots, le noeud matriciel de l’espace-temps poétique. Ainsi, la poésie transcende le chemin de l’éternelle apparition par l’écriture qui, en évidant l’image et en imageant le vide, rejoue le dévoilement fusionnel,en chaque instant, mais, toujours, Au Moment voulu :[suit alors la dernière page de l’œuvre qu’il vaut mieux que vous découvriez à sa lecture -pour la puissance intrinsèque au livre-; si vous souhaitez néanmoins achever ma démonstration, vous pourrez lire l’extrait dans le scan de ma dernière page]

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Ma copie en intégralité : 01 - 02 - 03 - 04 - 05 - 06 - 07 - 08 - 09 - 1011 - 12 - 13 - 14 - 15 - 16 - 17 - 18 - 19 - 20 - 21 - 22 - 23 - 24 - 25 - 26 - 27

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A améliorer : Le cadrage problématique et la clarté argumentative.