La Quantique : Lacan tique ?
« La nature a horreur du vide » (Aristote, Physique)
Lourd ! Cet aphorisme aristotélicien a un poids philosophique, une masse scientifique et une attraction critique rarement atteints. La tradition l’a bardé de sens, hypertrophiant l’opposition -certes, évidente- entre la nature (essence et naissance… continuée) et le vide (in-ek-sistence et in-con-sistance). C’est pourquoi nous y remettons de l’air -de l’R car il s’agit bien de ‘ça’- afin de redonner sa force inconsciente à la phrase : l’horreur fait trou.
L’a est ce reste de matière, nature appartenant au vide par son horreur, ou plutôt, décomposition de la matière en nature et en reste, c’est-à-dire en ce qui fait horreur et ce qui fait… erreur. L’horreur est la part du vide de la nature, ce devant quoi la matière reflue en a, pour ne pas être toute au vide. La nature naît du vide, est vide, mais insiste, malgré le vide. Si y’a d’l’horreur, c’est bien parce qu’il n’y a pas uniquement du vide, de l’immense, de l’inconscient : y’a aussi de la matière, du mesurable, du consistant.
Physique : Aristote y commande, asseyant les principes logiques et y essayant l’analytique de la nature. Mais, essuyant le vide d’un revers de conscience, rebut et rébus de l’inconscient, il pose là le rationnel, identitaire et non contradictoire. Science eidétique, écriture de l’inertie.
Quantique : l’impensé mathématique, l’inexistence, stance qui n’en sort pas, horreur de la nature, bref, la nullité de toute identité. Oxymorique par définition, foyer accueillant la mort de la mesure, morsure de la masse manquante. Science réelle, écriture de l’impossible.
Le problème est dans l’a…pparition. Comment est-il possible que du vide s’échappe un rien, qui, isolant le reste, permet à la matière d’errer sans horreur ? Mouvement :
Etat non résolu, ‘panique dans la matière’ (V. Novarina), fin des atomes. Rythme.
Quand gaz, liquide et solide n’y sont plus, c’est le ‘condensat’ (Bose & Einstein) qui fait symptôme ! Les ondes inondent d’immonde.
Mais pour qu’il soit possible de croire en l’universalité quantique des particules, encore faut-il y comprendre les limites, l’inter-dit qui borde l’horreur du vide avide et l’évide par la conscience qui ‘se suicide’ (G. Massat) car ‘tel est son destin’ ! Le zéro absolu du vide est l’impossible d’où s’origine la pulsionalité con-dansée sans fixité.
Ce que la quantique nous apprend est ce que nous la psychanalyse nous révèle :
La ‘décohérence’ de l’errance des signifiants.
« Le signifiant est la matière transcendée en langage » (Jacques Lacan)
Ils appellent ça ‘fermions’ parce que l’ouverture n’y est plus : la matière n’est pas l’âme à tiers mais bien le binaire, nature qui, par le reste (a), est métaphoriquement chose en soi.
Ils y opposent les ‘bosons’ parce que ces derniers conditionnent la matière -le mesurable métonymique- par les interactions, beaux on symboliques indispensables à nos pulsions.
Les fantômes de la matière, spectres sans lumières -‘hantologiques’ (J. Derrida)- expliquent et exploitent la disparition des particules dans le vide, hors des champs de l’essaim (S1) des signifiants. Transcendance donnant sens par virtualité, transparence de l’horreur sans discontinuité. Des fermions aux bosons, l’inconscient est à l’œuvre, se jouant de la raison, y superposant les fonctions, à l’infini, pour ressourcer les possibilités -ontologiques- de la matière. Ainsi, la physique est ce qui de la quantique nous apparaît identifiable.
Enchaînons par métalepse : le décohérent est refoulement, l’amas immense de mots réside dans le mouvement et la contingence du signifiant y préside, jusqu’à l’élection d’une vérité, à demi extorquée à la jouissance du corps ‘nu’, réel quantique. La masse manquante est fruit d’une divergence, celle qui échappe à toute décohérence, à la symbolicité effaçant le vide : traces, trésor quadratique.
Les bosons (signifiants) ont beau transcender nos pulsions pour en tirer de l’espace-temps (par eux, il semblerait que la matière soit de l’énergie si la vitesse de la lumière peut consister lorentziennement : E=yMC²), le mouvement (apparitions et/ou disparitions) libère néanmoins les fermions de leur structure (la lumière s’hasarde selon le mur planckien schizant le vide du rien, la fréquence du photon étant : E = hv). Reste que l’impulsion épiphanique peut s’excrire.
« Rappelons que le langage conscient est soumis aux principes de la logique formelle : A est A : axiome d’identité. A n’est pas non A : axiome de non contradiction. Il n’existe pas de troisième terme qui soit à la fois A et non A : axiome du tiers exclu. Tandis que pour le langage du ça, pour le lalangue, le phonétisme n’a pas d’identité fixe : A est non A ou ni A ni non A, et cependant cela fait sens et surtout plus que sens, comme le prouvent le tchan, le tao, la psychanalyse et la (…) quantique » (Guy Massat).
Dit autrement : les phénomènes objectivés -axiomatisés- sont réduits à 1 ou 0, pas les deux simultanément, au contraire des événements -accueillis ou non- qui laissent le 0 être 1 ou être autre chose… La mémoire physique se veut rationnelle, mesurant expérimentalement, c’est-à-dire imaginairement, ce qui échappe au vide. L’inertie phallique ne saurait être la simple traduction de ‘ce qui ne cesse pas de ne pas s’écrire’ (J. Lacan), elle en est la chance identifiante, l’heur de l’heurt à l’heure de l’hors !
En revanche, la vectorisation phallique du lalangue amène à une mémoire quantique immense, basée sur la superposition à l’infini : contrairement au ‘bit’ binaire (loi binomiale), le ‘qubit’ se figure en | α | 2 + | β | 2 = 1, selon la formule la plus simplifiée, α et β étant indéfinis (nombres complexes : réel et imaginaire, nœud dépassant la logique calculatoire), la différence advenant tychiquement. Il s’agit d’un ‘plurivers’ (G. Massat) pulsionnel -excrit avec des traces- qui, métonymisant, finit par poser les bonnes questions à nos mauvaises réponses…
Alors, en guise de con-clusion, disons que(ue) :
La bite, c’est physique (phi-zic), le cul-bite, c’est quantique (qu’hante-hic) !
Tags: Ecriture, Inconscient, Matière, Nature, Physique, Quantique, Réel, Vide
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